En savoir plus sur la violence conjugale masculine…

Il n’existe aucun profil type des femmes violentées. Elles peuvent être votre fille, votre sœur, votre amie, votre voisine, votre collègue de travail, etc. Elles se font discrètes… Elles ne dévoilent pas les violences subies par peur d’être jugées, de ne pas être crues, de compromettre leur sécurité et celle de leurs enfants. Elles dissimulent sous leurs vêtements les traces laissées par les agressions physiques. Cols roulés, manches longues, pantalons composent couramment leur tenue vestimentaire, et ce, même en période estivale. Toutefois, certains indices peuvent éveiller votre conscience, par exemple si la femme semble triste, déprimée, nerveuse, angoissée, repliée sur elle-même, en état d’alerte, etc. Par contre, à eux seuls, les indices ne permettent pas de conclure à la présence de violence, mais démontrent la pertinence d’ouvrir sur le sujet en accueillant les confidences avec bienveillance et sans jugement. Une écoute sensible peut faire une différence notable dans la vie de ces femmes!

L’exposition des enfants à la violence conjugale est considérée comme une forme de mauvais traitements psychologiques en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ). Qu’elles-ils soient présent-e-s lors des épisodes de violence ou qu’elles-ils en soient témoins auditives-fs, ces enfants vivent dans un climat de tension et de peur et peuvent en être affecté-e-s physiquement, psychologiquement, émotionnellement, cognitivement et socialement.

Distinction entre la violence conjugale masculine et les conflits conjugaux 1

Les conflits sont inévitables dans une relation de couple. Ils permettent d’exprimer des divergences d’opinions et de trouver des compromis. Par contre, la violence est utilisée pour contrôler et dominer la conjointe et se manifeste par des comportements inacceptables qui entraînent des conséquences physiques, psychologiques et sociales graves pour cette dernière. Le conflit se règle généralement par un compromis entre les conjoint-e-s, tandis que l’épisode de violence ne se termine que si la femme accepte de se soumettre à la volonté de son conjoint.

Manifestations de la violence conjugale masculine 2

La violence ne se manifeste pas nécessairement dans l’ordre présenté ici.
Le but, en présentant les formes de violence conjugale masculine, n’est pas tant de catégoriser la violence, mais d’en identifier la présence, le cas échéant.

Violence verbale

Elle découle la plupart du temps de la violence psychologique. Elle consiste en des sarcasmes, des insultes, des hurlements, des propos dégradants et humiliants, du chantage, des menaces ou des ordres intimés brutalement. L’intimidation verbale prépare à la violence physique, crée l’insécurité ou la peur et empêche la conjointe de se soustraire à la situation.
Exemples : Le conjoint l’insulte, utilise des propos dénigrants et humiliants, hausse le ton, crie, etc.

Violence psychologique

Elle consiste à dévaloriser l’autre personne. Elle se traduit par des attitudes et des propos méprisants, par l’humiliation, le dénigrement, le chantage ou la négligence à son égard. Elle peut aussi prendre la forme d’un isolement imposé par l’homme. Plus la femme est isolée socialement, plus elle devient vulnérable aux autres formes de violence. Dans certains cas, l’agresseur peut se servir de ses croyances d’ordre spirituel pour justifier sa domination et son pouvoir. Elle porte atteinte à l’estime de soi et à la confiance en soi, et permet au doute de s’installer dans l’esprit de la victime quant à la responsabilité de son conjoint face à la situation.
Exemples : Le conjoint la contrôle, lui fait des reproches, lui profère des menaces, la déconsidère, la harcèle, etc.

Violence économique

Elle se caractérise par la domination exercée par l’homme qui prive sa conjointe de ressources financières et matérielles. Les activités économiques de la femme sont contrôlées et surveillées, de sorte qu’elle n’a pas le pouvoir de décider quoi que ce soit en cette matière, et ce, indépendamment du fait qu’elle travaille ou non à l’extérieur du foyer. Ces actes entraînent la dépendance financière.
Exemple : Le conjoint contrôle les finances du couple et celles de la femme, etc.

Violence sociale

Elle se caractérise par le contrôle sur les relations interpersonnelles que la femme entretient et qui sont extérieures au couple (parents, enfants, adultes, fratrie, ami-e-s, collègues de travail, entourage, etc.).
Exemples : Le conjoint contrôle les allées et venues de la femme, ses relations (famille, ami-e-s, etc.), l’isole, etc.

Violence sexuelle

Elle porte atteinte à l’intégrité sexuelle de la femme. Elle dépasse la sexualité elle-même, en ce sens qu’elle vise à dominer l’autre dans ce qu’elle a de plus intime. Il s’agit d’agressions sexuelles, de harcèlement, d’intimidation, de manipulation, de brutalité, en vue d’une relation sexuelle non consentie. Certaines femmes consentent à des relations sexuelles dans l’espoir de maintenir la paix et d’éviter la violence.
Exemples : Le conjoint la harcèle sexuellement, lui fait des attouchements indésirés, la contraint à avoir des relations sexuelles, etc.

Violence physique

Elle affirme la domination de l’agresseur. Elle se manifeste par des coups, des blessures de toutes sortes, allant de la bousculade, la brûlure, la morsure, la fracture, jusqu’à l’homicide. Les mauvais traitements physiques sont souvent déguisés en accidents.
Exemples : Le conjoint la bouscule, lui lance des objets, lui donne des coups de poing, des coups de pied, lui profère des menaces de mort, l’étrangle, …, la tue!

Références:
 1 AVIS-Sécurité, Agir sur la violence en informant et sensibilisant, L’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement, 2006.
 2 AVIS-Sécurité, Agir sur la violence en informant et sensibilisant, L’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement, 2006.